Système limbique
La capacité à ressentir et à exprimer des émotions est une caractéristique unique qui a été observée chez de nombreux animaux. Les humains en particulier ressentent et expriment une multitude d’émotions très variées qui contribuent à façonner le comportement d’un individu. La région de l’encéphale que l’on croit responsable de ces activités forme une frontière physique entre l’hypothalamus et le cerveau. C’est pourquoi on l’a appelé le système limbique, qui vient du mot latin limbus, signifiant « frontière ».
Le système limbique est considéré comme l’épicentre de l’expression émotionnelle et comportementale. Le système limbique est lié aux :
- Émotions
- Fonctions de mémoire
- Fonctions autonomes et hormonales (Faim, sommeil, etc.)
- Circuits de motivation, récompense et plaisir
- Comportements sociaux
Le système limbique est capable de réaliser ces activités grâce à des connexions complexes avec d'autres systèmes de l’encéphale. Traditionnellement, il a été divisé en deux groupes : une composante corticale et une composante sous-corticale.
La composante corticale comprend le néocortex, le cortex frontal orbitaire, l'hippocampe, le cortex insulaire et le gyrus cingulaire, l'aire subcalleuse et le gyrus parahippocampique. La région corticale est également connue sous le nom de lobe limbique.
La composante sous-corticale comprend quant à elle l'amygdale, le bulbe olfactif, les noyaux septaux, l'hypothalamus et les noyaux antérieur et dorsomédian du thalamus. Cette région travaille en collaboration avec le lobe limbique.
Cet article explore l’anatomie macroscopique du système limbique et des voies qui lui sont associées.
| Fonctions | Émotions (peur, bonheur, anxiété, etc.), mémoire (formation de souvenirs, lien entre émotions et mémoire), fonctions autonomes et hormonales (faim/satiété, température corporelle, sommeil, sécrétions hormonales, etc.), circuits de motivation, récompense, et plaisir (y compris les mécanismes de l'excitation sexuelle), et comportements sociaux (attachement, empathie, instinct maternel, etc.) |
| Composantes corticales (lobe limbique) |
Cortex frontal orbitaire - perception des odeurs, impliqué dans la formation des souvenirs Hippocampe - associé à la mémoire à long terme Cortex insulaire - associé aux désirs, aux envies, à la dépendance Gyrus cingulaire - perception de la douleur neuropathique et de la nociception Gyrus parahippocampique - fournit une voie de communication entre les zones d'association corticales et l'hippocampe |
| Composantes sous-corticales |
Amygdale - réactions de peur et d'anxiété Bulbe olfactif - reçoit les informations olfactives sur les odeurs détectées dans la cavité nasale Hypothalamus - sortie finale du système limbique Noyaux antérieur et dorsomédian du thalamus Noyaux septaux |
| Circuit de Papez | Gyrus cingulaire -> gyrus parahippocampique -> cortex entorhinal -> subiculum -> noyaux mamillaires latéral et médial -> noyau thalamique antérieur -> capsule interne ->gyrus cingulaire |
| Notes cliniques | Lésions des amygdales, amnésie antérograde |
Cet article traite de l’anatomie et de la fonction du système limbique.
- Lobe limbique
- Amygdale
- Formation hippocampique
- Hypothalamus
- Autres composants du système limbique
- Circuit de Papez
- Notes cliniques
- Sources
Lobe limbique
Le lobe limbique désigne un groupe spécifique de structures anatomiques situées dans la région du cortex sur la face médiale de chaque hémisphère cérébral formant un rebord autour du corps calleux. Il comprend également les gyrus cingulaire et parahippocampique. Ces structures présentent également des similitudes fonctionnelles interdépendantes associées à la formation de souvenirs et à l'expression d'une variété d'émotions. Ces structures sont expliquées ci-dessous.
Aire subcalleuse
L'aire subcalleuse est un gyrus relativement petit qui se trouve en avant de la lame terminale (paroi antérieure de l'hypothalamus) et de la commissure antérieure. Il est également inférieur au rostre (première partie) du corps calleux et postérosupérieur au cortex orbitofrontal du cerveau. Cette zone correspond également à des sections des aires de Brodmann 24 et 32, et à l'aire 25. On pense qu'elle est impliquée dans la dépression.
Gyrus cingulaire
Le gyrus cingulaire est mieux visible en observant la face médiale d'un hémisphère du cerveau. Il s'agit d'une structure en forme de « C » qui est divisée en un cortex prélimbique et infralimbique, un cortex cingulaire antérieur et un cortex rétrosplénial.
Le cortex cingulaire débute ventralement au rostre du corps calleux, se courbe rostralement puis suit le genou du corps calleux pour progresser postérieurement et se fondre avec le précunéus du lobe pariétal. Le gyrus cingulaire est séparé du corps calleux par le sillon calleux (en bas) ainsi que du gyrus frontal médial et du lobule paracentral par le sillon cingulaire en haut. Le sillon cingulaire est en continuité du sillon marginal, qui sépare le lobule paracentral du précunéus. On pense que le gyrus cingulaire est fortement associé à la perception de la douleur neuropathique et à la nociception.
Gyrus parahippocampique
Le gyrus parahippocampique est plus facilement visible sur la face inférieure du lobe temporal du cerveau. Il est situé en dedans du sillon rhinal (une continuation antérieure du sillon collatéral) et du gyrus occipitotemporal latéral, latéralement à l'uncus, aux corps géniculés et au pulvinar du thalamus, et antérieurement au gyrus occipitotemporal médial. Cette zone correspond à plusieurs aires de Brodmann telles que le cortex entorhinal (zones 27, 28) et les zones 35, 36, 48 et 49. Le gyrus parahippocampique fournit une voie de communication entre l'hippocampe et toutes les zones d'association corticales par lesquelles les impulsions afférentes pénètrent dans l'hippocampe.
Cortex orbitofrontal
La face inférieure du lobe frontal repose sur le toit de l'orbite dans la fosse crânienne antérieure. C'est pourquoi cette région du cerveau est appelée cortex orbitofrontal. Le bulbe et le tractus olfactif longent le sillon olfactif. Le sillon olfactif sépare le gyrus rectiligne du cortex orbitofrontal du gyrus orbitaire médial. Le cortex orbitofrontal perçoit l'odorat, qui peut également être impliqué dans la formation des souvenirs.
Amygdale
Structure
L'amygdale, en forme d'amande (corps amygdalien), est située antérosupérieurement à la corne temporale (inférieure) du ventricule latéral, inférieurement au noyau lenticulaire (putamen et globus pallidus interne et externe) et en profondeur de l'uncus. L'apex de la queue du noyau caudé fusionne avec le toit de la corne temporale du ventricule latéral et se connecte avec l'amygdale.
L'amygdale peut être subdivisée en une grande composante ventrolatérale et une plus petite division dorsomédiale. Le groupe ventrolatéral possède des noyaux centraux et basolatéraux qui relient les noyaux corticomédiaux de la division dorsomédiale au cortex entorhinal. Les noyaux corticomédiaux reçoivent des informations sensorielles du bulbe olfactif. De la face postérieure de l'amygdale, la strie terminale émerge et poursuit un chemin concave. Elle s'étend postérieurement le long des surfaces ventrales des noyaux gris centraux et du thalamus. Par la suite, la strie terminale se déplace supérieurement dans une relation postérieure au thalamus. Enfin, elle se déplace antérieurement le long de la surface dorsale ou ventriculaire du thalamus, entre le thalamus et le noyau caudé et rostralement vers les veines thalamostriées. Ces fibres permettent la communication entre l'amygdale et les régions de l'hypothalamus pour réguler les réponses de peur et d'anxiété.
Uncus
L'uncus est le siège de l'amygdale. Il est situé sur la face inférieure du cerveau, postéromédialement au lobe temporal, latéralement à la substance perforée postérieure et aux corps mamillaires, antérieurement au corps géniculé latéral et antérolatéralement au mésencéphale. Dans un spécimen macroscopique, l'uncus semble être une extension antéromédiale du gyrus parahippocampique.
L'uncus est composé de trois éléments principaux. À l'arrière, on trouve le gyrus intralimbique ; à l'avant, le gyrus unciné, et entre celles-ci, la queue du gyrus denté. L'uncus est également lié à deux autres gyrus qui sont superficiellement liés à l'amygdale, connus sous le nom de gyrus semilunaire et de gyrus ambiens. Le premier est situé médialement et en continuité avec la strie olfactive latérale ; tandis que le second est situé latéralement et en continuité avec le gyrus olfactif latéral (fine substance grise recouvrant la strie olfactive latérale).
Formation hippocampique
La formation hippocampique est un terme générique utilisé pour désigner un groupe spécifique de structures. Ces structures sont l'hippocampe, le gyrus denté, le complexe subiculaire et le cortex entorhinal.
Hippocampe
L'hippocampe est un amas de substance grise situé au niveau du plancher de la corne temporale du ventricule latéral, qui ressemble à une corne de bélier. Il a également été appelé corne d’Ammon (d'après la divinité égyptienne antique, Ammon). Antérieurement, la corne d’Ammon est plus large que son extension postérieure et est échancrée pour ressembler à une patte.
Cette région de l'hippocampe est appelée pied de l’hippocampe (pes hippocampi). À mesure que l’hippocampe se prolonge vers l’arrière, sa surface ventriculaire forme une convexité, puis se dirige supéromédialement pour se continuer dans le crus du fornix.
Gyrus denté
Le gyrus denté est une structure de substance grise qui se trouve médialement par rapport à l'hippocampe et latéralement par rapport au gyrus parahippocampique et est située le long du plancher de la corne temporale du ventricule latéral. Il s'étend antérieurement dans l'uncus et continue supéromédialement avec la fimbria de l'hippocampe (voir ci-dessous) et devient le gyrus supracalleux (indusium gris), une fine structure de substance grise qui recouvre la surface dorsale du corps calleux.
Complexe subiculaire
Dans une coupe coronale, la corne d’Ammon (CA) est subdivisée en trois régions, CA1 (adjacente au subiculum), CA3 (proximale au gyrus denté) et CA2 (entre CA1 et CA3). Le complexe subiculaire est une région de l'hippocampe (mieux appréciée en coupe coronale) qui est composée (de la surface à la profondeur) d'un parasubiculum, d'un présubiculum et d'un subiculum. Ce complexe contient des neurones pyramidaux qui se projettent vers le cortex entorhinal et d'autres parties de la formation hippocampique. Histologiquement, le subiculum, qui est adjacent au CA1, contient les dendrites apicales des cellules pyramidales subiculaires et des couches de cellules polymorphes. Le facteur distinctif entre le présubiculum et le subiculum est la zone significativement compacte de cellules pyramidales.
Complexe entorhinal
Enfin, le cortex entorhinal (Brodmann 28) est constitué du pôle antérieur du gyrus parahippocampique et de l'uncus et est précédé du gyrus semi-lunaire. Ce cortex s'étend rostrocaudalement de l'amygdale antérieure à certaines parties de la formation hippocampique. Il est le récepteur direct de la stimulation des afférences du bulbe olfactif. Le cortex entorhinal est divisé histologiquement en six couches en fonction de leur cellularité.
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Hypothalamus
Localisation et fonctions
L'hypothalamus est une région diencéphalique du troisième ventricule située en aval du sillon hypothalamique et du thalamus. Il est impliqué dans l'excitation sexuelle, la réponse émotionnelle, la régulation endocrinienne, le développement sexuel, la thermorégulation, la régulation de la satiété et de la faim, et est également impliqué dans l'osmorégulation. Il alimente non seulement le système limbique en informations, mais en sert également de voie efférente. Les fibres hippocampohypothalamiques relient l'hippocampe aux corps mamillaires via le fornix.
Noyaux et fibres
Plusieurs noyaux composent l'hypothalamus. Les noyaux préoptique, dorsomédial, latéral et ventromédial sont des exemples de noyaux hypothalamiques étroitement liés au système limbique. Le noyau préoptique régule la sécrétion de l'hormone de libération des gonadotrophines (GnRH), qui est importante pour le développement sexuel. Le noyau latéral module l'impulsion alimentaire (les lésions associées à ce noyau ont été associées à l'anorexie mentale), tandis que les noyaux dorsomédial et ventromédial sont impliqués dans la régulation de la satiété, de la peur et de l'activité sexuelle. La destruction de ces régions chez les rats de laboratoire entraîne l'obésité.
La voie formée par les fibres hippocampo-hypothalamiques sert de principale voie efférente du système limbique. Il existe également des fibres amygdalohypothalamiques qui partent du complexe amygdalien, se dirigent vers le noyau lentiforme en passant par la strie terminale et pénètrent dans l'hypothalamus.
Autres composants du système limbique
Alvéus
L'alvéus est un mince voile de substance blanche recouvrant l'hippocampe, en profondeur jusqu'à la couche épendymaire. Les fibres nerveuses qui traversent l'alvéus depuis la corne d'Ammon s'unissent sur la surface médiale pour former la fimbria de l'hippocampe. La fimbria continue son trajet supéromédialement et devient la fimbria du fornix lorsque l'hippocampe se termine et que le fornix commence ventralement jusqu'au splenium du corps calleux.
Il faut noter qu'à cet endroit où les crura du fornix montent en arrière du thalamus, ils communiquent entre eux via la commissure du fornix. Les fibres soumises à une décussation permettent la communication entre les hippocampes de chaque côté.
Noyau habénulaire
Le noyau habénulaire se situe en profondeur de la commissure habénulaire qui se trouve dans l'espace suprapinéal (au-dessus de la glande pinéale et de son récessus). Ce noyau communique avec le reste du système limbique via la strie médullaire thalamique (le long de la ligne médiane du toit du troisième ventricule).
En plus de relier le noyau habénulaire à l'hypothalamus, il le relie également aux noyaux du septum (aire septale). Le septum communique en haut avec le septum pellucidum (qui sépare les ventricules latéraux gauche et droit). Il contient également des groupes de noyaux dorsal, médial, caudal et ventral, inférieurs au septum pellucidum.
Le noyau septal latéral (receveur de la plupart des stimuli afférents) se trouve dans le groupe ventral, tandis que le noyau septal dorsal fait partie du groupe dorsal. Le noyau de la bande diagonale de Broca et le noyau septal médial font partie du groupe médial et les noyaux septal triangulaire et fimbrial se trouvent dans le groupe caudal. Le septum communique également avec le système limbique via le fornix précommisural (fibres antérieures du fornix).
Corps mamillaires
Les corps mamillaires sont une paire de structures arrondies situées sous le plancher du troisième ventricule. Ils sont situés en arrière de l'hypophyse et du tuber cinereum (plancher de l'hypothalamus) et en avant de la substance perforée postérieure et de la fosse interpédonculaire. Les corps mamillaires communiquent avec le système limbique via le fornix postcommisural (fibres postérieures du fornix) et par l'intermédiaire du tractus mammillothalamique.
Circuit de Papez
En 1937, James Papez a émis l'hypothèse qu'il devait y avoir des interactions réciproques entre le cortex cérébral et l'hypothalamus pour que le comportement émotionnel soit perçu consciemment. Cette proposition a posé les bases de ce que l'on appelle le circuit de Papez. Ce circuit implique des communications entre la zone entorhinale, le gyrus cingulaire, le noyau mamillaire, la formation hippocampique et le noyau thalamique antérieur.
Les voies perforantes et de l'alvéus assurent la liaison entre le cortex entorhinal et la formation hippocampique. Par l'intermédiaire du fornix et de la fimbria, la formation hippocampique peut alors transmettre des informations aux corps mamillaires. Ensuite, les corps mamillaires communiquent avec le noyau thalamique antérieur via la voie mammillothalamique. La capsule interne transporte ensuite les informations du thalamus vers le gyrus cingulaire, qui renvoie ensuite les impulsions vers la zone entorhinale via le cingulum. Les informations afférentes et efférentes qui voyagent vers et depuis le système limbique proviennent des régions corticales, réticulaires et diencéphaliques de l’encéphale.
Notes cliniques
Lésions de l’amygdale
L’amygdale est impliquée dans la régulation des émotions et du comportement. Bien que le terme « émotion » fasse couramment référence à la façon dont un individu « ressent », les neuroscientifiques le définissent comme toute fonction cérébrale motivée par le désir de survivre. Par conséquent, dans le contexte de la fonction limbique, l’émotion ne fait pas référence au « bonheur » ou à la « tristesse », mais plutôt à boire quand on a soif ou à répondre à un partenaire potentiel. Bien que la mémoire reste intacte après des lésions ou un traumatisme du complexe amygdalien, les individus peuvent présenter une augmentation de la libido et de la faim et une diminution de l’agressivité.
Amnésie antérograde
La littérature médicale soutient l'idée que l'hippocampe a la responsabilité de transformer les souvenirs à court terme en souvenirs à long terme. Par conséquent, une atteinte à l'hippocampe altérerait ce processus, entraînant une amnésie antérograde. En conséquence, le patient se souviendrait d'événements passés avant l'atteinte, mais pas de nouveaux souvenirs après la blessure.
Implications pharmacologiques
Des recherches ont suggéré que l'antagoniste pharmacologique des récepteurs dopaminergiques du système limbique atténuerait les symptômes graves de la schizophrénie. Malheureusement, la plupart des agents pharmacologiques antagonisent également les récepteurs dopaminergiques situés hors du système limbique, ce qui entraîne des effets délétères.
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Kim Bengochea, Université Regis, Denver